Nous sommes les neanders, les hommes-bêtes, les bannis. Nous sortons de terre quand le jour décline. Nous hurlons car nous n'avons pas de mots. Nous sommes ceux d'en dessous, nous sommes les sous-hommes.


Nous partons à la rencontre de nos frères humains. Nous avons pour eux des lambeaux de nuit et un peu de néant. Ensemble, nous fêterons la fin et le commencement. Au solstice d'hiver, nous serons à Ber\in.


100% Libre - 100% Hardcore - 100% Hors commerce - 100% Cyberpunk


Berin Dezember 21
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LE SOLSTICE DES FRERES HUMAINS
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Le virtuel imposant
par Simon Brenncke
21/09/2014 à 17h18
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Chronique

J'étais absorbé par ce livre dès le premier chapitre.

Alice, qui vient juste d'être affectée à la police ber\inoise, assiste à la grande soirée de fête de nouvel an, organisée par l'équipe des concepteurs du jeu vidéo « La Source ». Le jeu a gagné une popularité extraordinaire parmi tous les joueurs du monde, et surtout parmi ceux vivant à Ber\in. Alice suit un ordre ; elle y a été envoyée par son chef, qui surveille avec méfiance toutes les manifestations publiques des concepteurs de « La Source », surtout ces fêtes du soir de nouvel an qui dernièrement ont tourné en un désastre : un flot de jeunes gens inonde les rues de Ber\in pour y décharger leur frustration. Alice n'est point habituée à la vie mondaine qui va l'entourer dans le hôtel où elle se rend, et ce premier chapitre permet au lecteur de s'introduire dans le monde de Ber\in à travers sa perspective : sa préoccupation de ne pas apparaître à la hauteur du monde des vedettes ; comment ensuite elle dévisage tour à tour les concepteurs de « La Source » ; comment sur l'écran énorme dans le hall de l'hôtel lui est offert une plongée dans l'esthétique du jeu ; et, enfin, comment l'annonce des concepteurs soulève l'assemblée et déclenche les premières émeutes de grande envergure à Ber\in.

Ainsi le premier chapitre joint une introduction à la plupart des caractères principaux au contact avec le monde du jeu vidéo et ses répercussions sur la vie de Ber\in. Aussi le motif central de tous les événements qui succèdent à la suite, l'annonce des concepteurs, est donné. Déjà après avoir lu ce premier chapitre, j'étais ébloui par comment était bien montée l'action. En plus, la problématique des plusieurs plans de réalité et de leur entrecroisement est déjà vivement présente.    

La même nuit, un des créateurs principaux de « La Source » est assassiné. Les joueurs n'ont-ils pas pu géré l'annonce et ont-ils ainsi commencé leur vengeance ? « La Source » n'est pas un jeu comme les autres, et dans la dernière partie de ce roman tripartite les raisons pour cet effet singulier sur les âmes des joueurs sont prudemment expliquées ; avant tout c'est l'esthétique du jeu, y inclus la géographie, qui le lie plus étroitement à la réalité qu'aucun autre monde virtuel. En outre, les déclassés de la société y vivent la revendication de leurs espérances échouées, parce que le thème du jeu est le thème de leur vie. Situé dans le temps paléolithique, « La Source » raconte la rencontre entre le Homo Sapiens et le Néandertalien. Ce sont les jeunes ressortis de la tradition du milieu punk de Ber\in qui s'identifient aux Néandertaliens et cherchent de réécrire l'Histoire dans le temps d'aujourd'hui avec la révolte organisée contre l'œuvre de l'Homo Sapiens, le système bourgeois-capitaliste. Leurs avancements dans le monde de « La Source » basculent la réalité à Ber\in.

Il y a deux possibilités pour analyser l'organisation des niveaux de réalité dans le roman.

Premièrement, on peut supposer un unique univers spatio-temporel, une seule diégèse qui se repartit dans une conception multi-mondiale : les mondes de Ber\in et de « La Source ».

Deuxièmement, on peut mettre l'accent sur l'autonomie spatio-temporelle de « La Source » et concevoir deux plans diégétiques, l'extra-diégèse de Ber\in et l'intra-diégèse de « La Source ». L'ultime, à proprement parler, ne s'ouvrira au lecteur que dans la troisième partie du livre. Mais même avant elle est toujours présente, elle s'immisce à chaque instant dans l'extra-diégèse, en sorte que les lignes de démarcation entre les deux univers se brouillent. Quand finalement le lecteur entre dans « La Source », ce n'est point un moment culminant, parce qu'il sent que, d'un pied, il y a toujours été pendant les deux parties précédentes, tant unie est l'action sur le niveau extra-diégétique au progrès de la confrontation entre les deux espèces dans le jeu. Bien sûr, cet enchevêtrement des mondes réel et virtuel n'est rien de nouveau, mais l'auteur y apporte une idée productive : l'intersection premièrement à temps décalé, et à la fin à temps réel, de la géographie de « La Source » avec la topographie urbaine de Ber\in.

Mais dans le dernier chapitre le lecteur apprend qu'à ce schème binaire s'ajoute un troisième plan qui réinterprète profondément la portée sur la réalité des deux autres ; sur le niveau extra-diégétique s'impose encore un autre, a toujours été là, sans que le lecteur s'en aperçoive ; la révélation est époustouflante, malgré qu'elle se limite à une seule phrase sans éclat : « Ber\in n'est pas Berlin. »

Cette phrase aussi permet au lecteur de mettre finalement dans sa juste perspective ce qui, avant, lui avaient paru des slogans vieillis contre l'oppression par les bien-pensants. Aussi le lecteur ne savait pas trop quel sens donné à la récapitulation du développement du milieu des punks et des teufeurs en Europe, en général, et à Berlin, en particulier. À ces sources de « La Source » remonte la troisième partie du livre et le lecteur qui n'a aucun intérêt pour l'histoire punk peut être vite lassé des descriptions de ce passé, surtout quand ils sont liées à un caractère (Keith) qui ne revêt plus autre fonction dans le livre et disparaît ensuite du tableau ; aussi les analèpses à l'adolescence des concepteurs de « La Source » ne servent pas toujours à éclaircir la conception de celle-ci, mais s'achèvent plutôt par des digressions superflues.

Autres scènes étirent en large l'histoire, sans apporter rien à son déploiement ultérieur. Par exemple, Carl Gathmann découvre le double virtuel de son ancienne amante dans l'ordinateur privé d'un ancien ami. Il en tire les conclusions naturelles, mais elles sont fausses en quant au temps présent. C'est-à-dire, s'il n'avait pas du tout découvert ce double, rien aurait été changé, le lecteur ne saurait rien moins d'important.

Autre point de critique est que l'identité de l'instigateur des émeutes paraît distribuée aléatoirement par l'auteur au caractère en question. Avant dans le livre les indices ont toujours pointé dans une autre direction. On sent que l'auteur, par un coup final, veut déjouer les suppositions du lecteur, suppositions que toutefois il a pris son temps de nourrir. C'est un recours habituel, pour introduire un ultime élément de surprise : déverser à la fin la responsabilité de l'action principale sur un caractère que jusqu'à-là à plutôt resté à l'écart. Ce mécanisme s'utilise souvent dans les polars à deux sous. En plus, on peut tout à fait dispenser de ce moment de surprise factice, il est de toute façon anéanti par la révélation finale de la super-position d'un autre univers spatio-temporel, un autre plan diégétique : Berlin n'est pas Ber\in.

J'ai dit que le lecteur peut s'arranger avec le sujet punk même si celui ne l'enthousiasme guère, parce qu'il se rend compte que « La rencontre des frères humains », la rencontre entre le Homo Sapiens et le Néandertalien, n'est que le titre sur un box de jeu vidéo, n'est que le sujet d'un jeu vidéo, et pour sujet il aurait pu avoir mille autres, ce n'est pas d'importance préliminaire. Ce qui l'est, c'est l'entrecroisement des niveaux de réalité que ce livre explore merveilleusement à travers l'intersection des niveaux diégétiques. À part de quelques passages traînants, l'action est toujours fraîche et vibrante, avec des changements de perspective rapides. S'ajoute à cela une écriture claire parsemée d'élancements poétiques, « Ber\in » démontre une composition soignée et offre une expérience de lecture fulgurante. Depuis longtemps je ne me suis plus senti tant immergé dans un livre.

Évaluation : 5 de 5 étoiles

Une chronique à retrouver sur le blog littéraire de Simon Brenncke : simonbrenncke.wordpress.com/

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Chronique dans "Chez Iluze"
par Iluze
16/02/2014 à 10h39
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Ber\in est mon premier roman cyberpunk. Dans ce monde légèrement futuriste, La source, un jeu vidéo dans lequel on peut incarner des êtres préhistoriques fait fureur à tel point que les fêtes se déroulant dans le jeu provoquent pas mal de grabuge dans Berlin.

Ce qui est tout à fait impressionnant dans ce récit de plus de 600 pages, c’est la capacité de l’auteur à se fondre et à décrire n’importe quelle situation : de la soirée mondaine à la cinématique d’un jeu vidéo en passant par la guérilla urbaine. Boris Bouscayrol semble vraiment être à l’aise dans tous les genres.

Le seul bémol pour moi est que le coeur de cette histoire reste une enquête policière. Et une enquête de 600 pages, je trouve ça très long… Mais pourtant, l’univers est tellement complexe et intéressant qu’il méritait d’être développé sur de nombreuses pages mais voilà pour moi, une enquête ça doit être rapide, sans temps mort et ne pas se dérouler sur plusieurs mois comme ici.  J’aurais préféré suivre plusieurs histoires différentes dans ce même univers plutôt qu’un gros pavé.

Les personnages sont finement travaillés et je pense les avoir tous apprécié à différents degrés bien sûr. C’est également une des forces du roman : on prend plaisir à suivre leurs aventures.

Ber\in restera pour moi une lecture surprenante grâce à son univers foisonnant et la fluidité du texte qui permet une immersion immédiate dans ce monde cyberpunk. J’étais loin de m’attendre à une telle qualité pour un ebook gratuit.

http://iluze.eu/?p=8678

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Chronique dans "je lis en numérique" du 20 janvier
par Luciole ou Sylvie
16/02/2014 à 10h29
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Aux amateurs de polars contemporains, de jeux vidéos et de sociologie, cette oeuvre époustouflante vous comblera.

Lors d'une fête célébrant le solstice d'hiver, les concepteurs du jeu vidéo "La Source" annonce  l'arrêt du jeu. Cette nouvelle provoque des émeutes parmi les nombreux partisans du jeu,réunis pour l'occasion ainsi que tous les joueurs éparpillés dans le monde.

Le lendemain, un des créateurs de la Source est retrouvé mort, tué par une bête sauvage.

Des enquêteurs sont sollicités par le commissariat de Berlin pour élucider ce meurtre et comprendre le phénomène social de ce jeu vidéo bien particulier.

Ce résumé n'est qu'un bref aperçu de ce livre. Plusieurs éléments y sont exploités d'une façon globale. Inspiré par les recherches d'un scientifique sur la préhistoire, les hommes-lions dans l'environnement du jeu s'introduisent dans la réalité. Le côté "fantaisy"apparaît. Ensuite, un portrait social est très bien développé sur la récupération de l'ancien Berlin avec le mouvement punk et les magouilles de bas-fond.

L'auteur a su me captiver surtout par la force de ses personnages que par la description parfois trop méticuleuse sur l'explication du jeu. Par contre, les amateurs de ces jeux y trouveront un élément supplémentaire d'intérêt.

L'écriture est grandiose! Vive, riche, incisive et intense. Boris Bouscayrol est un auteur talentueux qui a son propre style, qui porte un regard jeune sur la société d'aujourd'hui.

Une lecture surprenante et .... gratuite.

http://jelisennumerique.canalblog.com/archives/2014/01/20/28992414.html

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Lettre à Mr Bouscayrol
par Cyprien de Kerria
22/12/2013 à 13h46
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Qu'il est étrange de se retrouver à lire Ber\in à Berlin en compagnie de l'auteur et durant le solstice dans le but de créer autour de cette méta-fiction... J'aurais quelques discernements critiques à apporter même si ma lecture s'est faite dans la précipitation.

A commencer par la forme du livre surmontée d'un système d'anneaux autour desquelles les pages tournent. L'immense avantage est d'offrir une lecture similaire à une liseuse: une page unique, sans ombres et invalidant la perte de la page. Néanmoins, c'est dans la conservation que je reste septique: en effet, les pages peuvent facilement s'arracher, se tâcher et le livre encaisse le monde extérieur sous tout les angles. Si le système venait à se démocratiser, il n'y a pas de tranches pour le classement et les anneaux feraient perdre de la place à la bibliothèque. Mais l'idée rend pour l'instant le livre sensiblement unique!

Structurellement, la gradation du récit rend la forme fonctionnelle: la fin renvoie au début et inversement en plusieurs strates sensibles et équilibrés. L'aperçut de l'univers y est comme le tableau d'un paysage impressionniste à la différence que l'écrit pose des touches moins visibles. En effet, la multiplicité des lieux et des personnages rends une impression de réalité imminente mais leurs multiplications rend la compréhension difficile. Il faut simplifier la tâche au lecteur, offrir une temporalité linéaire, viser des protagonistes moins nombreux (mais avec plus d'importance) et faire en sorte que celui-là qui ne connaît pas Berlin soit mieux guidé dans le dédale, afin que son ressentit soit total.

Les paragraphes sont parfois inégaux, c'est peut-être là une affaire de goûts personnels, mais pour moi, l'action est le moteur de l’intérêt et passer trop de temps dans l'explication du canevas, au risque de quelques répétitions rend de la lourdeur là où une attaque de hyènes fait frémir. Il s'agit de donner aux scènes la présence d'un enjeux, qu'il soit romantique, décadent ou satirique. Que le lecteur prenne partit et trouve son plaisir à suivre le déroulé des péripéties, à s'arrêter sur un détail et à repartir encore plus fort d'entre les lignes.

Il n'en reste pas moins un impressionnant travail surtout lorsque l'on sait que c'est une première œuvre. Toute la difficulté de la seconde seras de se détacher de la première pour évoluer car autant de pages marque et il ne faut pas s’encroûter... Pour autant, je suis confiant et j’attends la prochaine avec grand intérêt!

Cyprien de Kerria

22 Dèc 2013

Ps: Il faut aérer le texte, sauter des lignes pour des paragraphes, les dialogues, etc... Quitte à plus de pages.

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Quand le virtuel devient réel
par francois
25/11/2013 à 9h06
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Tout d'abord la prise en main du livre :

L'objet est originial, authentique et unique. La couverture est complètement Do It Yourself et le sens d'ouverture est peu commun !

Ensuite le contenu :

L'histoire est très bien décrite en lieu et en temps. Les relations entre les personnages sont parfaitement imbriquées les unes aux autres. On se surprend rapidement à s'imaginer être avec les personnages à une table du fameux Tachele, au milieu des rues de Ber\in, au coeur des conversations et l'intrigue.

Le fil de l'histoire se suit aisément et l'univers "virtualo-réel" prend sa place dès les premières pages de l'aventure.

Le tempo est donné dès le premier chapitre et ne cesse de donner le rythme page après page.

Superbe livre où réalité-virtuelle et virtualité-réelle se confondent !

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